jeudi 22 avril 2010

Le chat noir

Le symbolisme du chat serait très hétérogène selon le pays où l’on se trouve.
Il oscille entre des tendances bénéfiques et maléfiques, cela peut s’expliquer avec les comportements à la fois doux et sournois de l’animal.
Au Japon, il est considéré de mauvais augure, car pouvant tuer les femmes et en revêtir l’apparence. Dans la philosophie bouddhiste on lui reproche avec le serpent de ne pas s’être ému de la mort de Bouddha, mais vu d’un autre angle, et considérant les préceptes de la pensée bouddhiste on souligne cette attitude comme étant d’une grande sagesse.
En Inde, on retrouve des statues à son effigie représentant la béatitude du monde animal (Kramrisch). En Chine, on le considère comme bienfaisant, car on mime ses mouvements dans des danses agraires. On note aussi que dans la Kabbale (Tradition juive donnant une interprétation mystique et allégorique de la Torah. Petit Robert) et dans le Bouddhisme, le chat et le serpent y sont associés. Il indique le péché et les abus des biens de ce monde. Il est parfois illustré au pied du Christ.

C’est en Égypte où on le vénère davantage. Il est le gardien des temples, sous les traits de la déesse Bastet qui est la bienfaitrice des hommes.
Chez les celtiques, il semble que le chat soit moins favorable que le chien, car associé à un usurpateur du nom Cairpre qui occupant la royauté suprême, causa la ruine de l’Irlande. Il est, par contre en Islam de bon augure, car on lui associe la baraka (en arabe signifie la bénédiction). Un chat tout noir possèderait des propriétés magiques. Manger de sa chair soustrairaient des sorts magiques que l’on a reçus du monde sorcier. On se sert de son sang pour écrire des charmes puissants. Il possède sept vies. La présence du chat noir avec la sorcière serait en fait son alter ego, mais représentant le symbole de la force inhibitrice de son pouvoir.
Mais dans beaucoup de traditions, il représente davantage l’obscurité et la mort. Il est souvent associé comme serviteur des enfers, car il aide le gardien aux portes des enfers à jeter les âmes coupables dans les profondeurs infernales.

lundi 12 avril 2010

Les racines de Satan

Une collaboratrice s'ajoute à moi dans ce blog. Je vous la présente car j'ai loupé quelques fonctionnalités des applications du blog au sujets des différents auteurs.
Nom : Lücie Sfeÿre, âge 37 ans, MTL.

Tel un incube tentateur, le blog TOUTENBLACK a su attiser mon appétit.

Éternellement allumée par les tréfonds noirs de l’humanité.
Fascinée par les troubles de l’âme humaine et leurs représentations dans l’histoire lointaine et contemporaine.

Baccalauréat en Histoire, formation en publicité, parcours professionnel en agence de pub.

Cerveau constamment en ébullition; existe-t-il un instrument à ralentir le temps pour exécuter tous les projets de mon esprit…

Les racines de Satan

« Le fil noir du Malin est étroitement tissé dans la trame des sociétés occidentales. Satan représente la part nocturne de notre culture.» (MUCHEMBLED, R, Diable!)

Les racines de la figure de Satan émergent de la Mésopotamie et apparaissent dans l’Ancien Testament. Fondement de la conception du monde des religions abrahamiques, témoignage écrit des traditions orales (XIVe-XIIe siècle av. J-C), c’est sous le roi Salomon (970-931 av.J-C) que s’amorce sa rédaction. Façonné par l’élite intellectuelle et religieuse sur plusieurs générations, son écriture est influencée par les mythologies babyloniennes et perses.

Le manuscrit présente Satan tel un ange accusateur au tribunal céleste. Il parcourt le monde pour déceler les humains désobéissant à la loi divine. De procureur, le personnage glisse doucement vers le tentateur. Et l’histoire de Job est éloquente à cet effet. Dieu aime cet homme; image même de la vertu, il est pieux et honnête. Quant à Satan, il croit cette grande piété le fruit des richesses et réussites de Job. Dieu permet à Satan de mettre Job à l’épreuve afin de tester sa foi, foi qui demeure inébranlable. Satan le tentateur; il éprouve la foi des humains. Il n’est pas encore l’adversaire de Dieu, simplement un mauvais conseiller qui penche quelque peu du côté noir.

Les contemporains de Jésus associent Satan à l’histoire de la Genèse. Le rusé serpent incite Ève et Adam a désobéir à Dieu : goûter au fruit défendu de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Le premier couple est chassé du paradis terrestre; la mort et les malheurs deviennent le lot de l’humanité. Dans le Nouveau Testament, Satan poursuit son entreprise avec Jésus; il subira la tentation du péché par l’entité maléfique pendant son séjour au désert. Cependant, un changement s’opère dans le dernier livre du Nouveau Testament: Satan devient un véritable monstre.

Un grand dragon rouge, ayant sept têtes et dix cornes, et sur ses têtes sept
diadèmes. Sa queue entraînait le tiers des étoiles du ciel, et les jetait sur la terre (Apocalyse de Jean, 12, 3-4)

Et le Dragon chute; trop orgueilleux, il a voulu prendre la place de Dieu. Chassé du ciel par l’Archange Michel, il tombe sur terre et met en péril toute l’humanité. Être céleste banni du ciel dans un combat épique, son histoire est teintée du dualisme de la Lumière et des Ténèbres.
Par : Lücie Sfeÿre

Religions abrahamiques: relatives au personnage biblique Abraham, incluant le judaïsme, le christianisme et l’islam.

Satan: terme hébreu qui signifie accusateur.

Michel: de l’hébreu Mikaël qui signifie qui est comme Dieu.

Pazuzu
: les démons de la Mésopotamie sont les plus anciennes représentations démoniaques dans l’histoire de l’humanité. Démon babylonien du vent du sud-ouest, Pazuzu souffle sécheresse, famine, maladies et invasions de sauterelles. Le musée du Louvre conserve une statuette de Pazuzu datant du VIIe siècle av.J-C; créature au corps humain, décharné, avec une tête de lion grimaçante, munis de deux paires d’ailes, des pieds en serres de rapace, une queue de scorpion et un pénis en forme de serpent. Y voyez-vous quelques attributs sataniques?

lundi 8 mars 2010

Les origines de la peur du noir

Les sources de la peur du noir viennent probablement des origines mêmes de l’homme. D’abord le ciel qui se colore d’un bleu profond et insondable, virant au bleu nuit et au noir ponctué de flammes vibrantes sortant d’un vide inconnu. Un vide ou toutes les cultures y ont enfoncé leur peur du chaos, du néant et de la non-existence. Dans la profondeur dense et insondable du noir, l’inconnu s’est matérialisé en symboles, en mythologies et en légendes qui ont gravé profondément l’inconscient collectif. Quelle culture n’a pas son lot de créatures étranges qui habitent des lieux profondément enfermés dans un gouffre terrestre, la forêt dense ou la mer d’une profondeur abyssale.
Dans le monde chtonien (qui a trait aux divinités infernales) il est aussi le symbole de la régénération du monde diurne. Les grandes Déesses de la Fertilité, de vieilles déesses mères, sont souvent Noires telles que Isis, Athon, Déméter, Cybèle et Aphrodite. Orphée dit selon Frédéric Portal :
Je chanterai la nuit, mère des dieux et des hommes, la nuit provient de toutes choses créées, et nous la nommerons Vénus. Le ventre de la Terre s’habille donc de sang noir et de feu, symboles de la force vitale.

mardi 16 février 2010

Symbolisme et psychologie du noir

Noir : symboliquement, il est le plus souvent entendu sous son aspect négatif, froid, contre couleur de toute couleur, il est associé aux ténèbres primordiales, à l'indifférenciation originelle. Le noir est de façon générale, la couleur de la substance universelle, du chaos, des eaux inférieures, du nord, de la mort. Du point de vue de l'analyse psychologique, le noir est considéré comme l'absence de toute couleur, de toute lumière. Le noir absorbe la lumière et ne la rend pas. Il évoque avant tout le néant, le ciel nocturne, les ténèbres terrestres de la nuit, le mal l’angoisse, la tristesse, l’inconscience. Couleur de la condamnation, le noir devient aussi la couleur du renoncement à la vanité de ce monde, d’où les manteaux noirs qui habillent les prêtres catholiques et islamistes. Le noir correspond au Yin féminin, chinois et terrestre, instinctif et matériel. Le symbolisme du nombre lui attribue le chiffre 13. Dans son influence sur le psychisme, le noir donne une impression d’opacité, d’épaississement de lourdeur. C’est ainsi qu’une masse peinte en noir, paraît beaucoup plus lourde qu’une masse peinte en blanc. Couleur du deuil en Occident, le noir est à l’origine le symbole de la fécondité, comme dans l’Égypte antique et l’Afrique du Nord. Couleur du mystère, elle est souvent portée par des gens qui veulent donner cette expression d’effacement, mais pour ceux qui sont véritablement raffinés, c’est une couleur digne et solennelle, dépourvue de «m’as-tu-vu». Le port constant de couleurs sombres signifie toutefois le renoncement aux désirs et aux plaisirs matériels. Il devient pour la femme dans les pays à domination masculine, un signe de protection.

Pourquoi le noir ?

La décision de faire un blog m’est venue après avoir navigué sur le Net et de ne pas avoir trouvé de documentations intéressantes sur le noir uniquement.
Passionnée par la couleur, le noir est pour moi une valeur refuge, une façon de voir la fabrication des images dans plusieurs formes d’art. Il a marqué les époques au travers la mode, l’architecture, les objets, la pub, la littérature, le cinéma et la photo. J’essaierai avec les connaissances que j’ai acquises de vous tenir informés sur ma passion en maintenant une rigueur dans la documentation. C’est pourquoi j’offrirai aussi à ceux que ça intéresse, une bibliographie de mes recherches sur le sujet, je pense toujours, aux étudiants qui prennent n’importe quoi pour acquis sur le Net. J’ai vécu cette situation en enseignant à l’université. Je crois que lorsqu’on se donne la peine de faire ce genre de projet, il faut se tenir bien droit dans ces règles, sinon ça devient un capharnaüm!